Émerveiller pour protéger
Quelque part en Wallonie, dans une salle de classe, un groupe d’enfants entoure un drôle de personnage : c’est Sikou, une marionnette de glace, qui fond entre leurs doigts. Elle leur a raconté l’histoire de l’eau, de ses métamorphoses, de sa mémoire. Et quand le rideau tombe, ce n’est pas la fin. « L’eau, elle est belle », murmure une petite voix. À cet instant, la nature n’est plus une notion abstraite : c’est une source d’émerveillement. C’est là toute la magie du théâtre vivant de la Compagnie Zanni.
Depuis quarante ans, elle s’invite dans les écoles pour éveiller les consciences, sans jamais faire la leçon. Fondée dans les années 1980, la compagnie se destinait déjà au jeune public, avec un engagement précurseur sur les enjeux écologiques. L’objectif ? Sensibiliser par l’émerveillement, avec des spectacles de marionnettes interactifs. Sikou, l’eau en moi évoque la valeur précieuse de l’eau. « Ce thème nous tient particulièrement à coeur », confie Agnès, marionnettiste, comédienne et responsable de la troupe.
« Depuis nos débuts, nous concevons des spectacles pour faire prendre conscience de la rareté de cette ressource. Mais nous sensibilisons aussi aux problèmes environnementaux plus généraux avec d’autres spectacles. Dans Homme de papier, ce sont la solidarité et l’accueil de la différence qui permettent d’envisager des initiatives créatives en faveur du climat ». Les réactions des enfants sont au rendez-vous : « certains parlent de la force de l’eau, de leur plaisir à son contact. D’autres comprennent qu’il faut agir contre le gaspillage. La prise de conscience a lieu subtilement ».
En 2020, Agnès a repris la coordination de la compagnie. Aux côtés d’Emilie, aide-administrative et chargée de communication, elles ont redéfini l’identité du collectif accompagnées par Crédal.
« Cela fait un an et demi que nous bénéficions d’un coaching », précise Agnès. « Cet accompagnement a été très riche : il nous a permis de revoir notre identité, nos piliers, notre positionnement et notre public cible. Notre conseillère nous a aussi aidées à établir un plan financier et nous participerons, dès septembre, à des formations collectives ». Cette réflexion a permis à Zanni d’ancrer sa mission dans un projet cohérent avec ses préoccupations environnementales et sociales. « Maintenant, on sait où on va ! », confirme Emilie.
La compagnie a aussi choisi de placer une partie de sa trésorerie chez Crédal, coopérative financière créée en 1984. « C’est une question de valeurs », rappelle Agnès. « La solidarité est au coeur de nos spectacles. Il était essentiel que notre argent soutienne des projets qui reflètent le monde que nous voulons transmettre aux enfants ». Un partenariat pour un monde plus durable, fruit de 40 ans d’engagements parallèles désormais réunis.
