Réduire, trier, réemployer
Chaque Belge se sépare en moyenne de 15 kilos de vêtements par an. Mais où vont-ils ? D’après une récente enquête de la RTBF (#Investigation), 30% sont recyclés et 20% partent en boutique de seconde main. Le reste ? Brûlé ou exporté.
En Belgique, les centres de tri, largement portés par l’économie sociale, débordent. Entre 2023 et 2024, les trois principaux opérateurs (Terre, Oxfam et Les Petits Riens) ont constaté une augmentation de 10% des volumes collectés. Plusieurs pays d’Afrique, eux aussi, croulent sous nos textiles. Les vêtements issus de la fast fashion, cette tendance à produire à très bas prix des vêtements de piètre qualité, ne peuvent y être réutilisés et finissent dans des décharges à ciel ouvert.
Pour permettre à la filière textile circulaire wallonne de changer d'échelle, les acteurs du secteur identifient trois besoins prioritaires :
- un accès à des bâtiments et à des terrains adaptés à leurs activités, à des prix raisonnables ;
- une Responsabilité Élargie du Producteur (REP) capable de couvrir les coûts réels des textiles en fin de vie ;
- davantage de financements. Le gouvernement wallon a ainsi récemment débloqué 4 millions d’euros (voir encadré).
Chez Crédal notre mission est de soutenir les entreprises de l’économie sociale qui ne manquent pas d'idées pour relever ce types défis.
D’ailleurs, de nouvelles pistes de valorisation voient le jour pour les textiles qui ne peuvent pas être revendus. À Bruxelles, la jeune entreprise IsoFabric conçoit des panneaux d'isolation thermique et acoustique à partir de fibres textiles recyclées, collectées et triées localement par les acteurs de l'économie sociale. L’intérêt est triple : soulager ces acteurs qui collectent les vêtements ; éviter leur incinération ou leur exportation ; et fournir au secteur de la rénovation un matériau d'isolation performant, local, biosourcé et accessible.
Ça bouge !
- Depuis le 19 juillet 2026, l’Union Européenne interdit aux grandes entreprises de détruire leurs textiles invendus. Jusqu'ici, des centaines de tonnes de vêtements neufs étaient jetées à la poubelle, chaque année. Elles devront désormais être réorientées vers des structures de réemploi ou des associations caritatives. Une belle avancée environnementale et anti-gaspillage mais qui, selon l’asbl AchACT (défense des droits des travailleurs et travailleuses de l’industrie de l’habillement), ne s’attaque pas au cœur du problème : réduire les volumes de vêtements achetés et allonger leur durée de vie reste le levier le plus efficace pour désengorger une filière déjà saturée.
- Cet été, le gouvernement wallon a lancé un appel à projets de 4 millions d’euros afin de développer de nouvelles capacités de tri, de recyclage et de transformation des textiles usagés. L'objectif : répondre à l'augmentation constante des volumes de textiles à traiter.