Optons pour une économie circulaire et sociale
Rencontre avec Jean-Marc Caudron
Jean-Marc Caudron est directeur de la fédération RESSOURCES depuis 7 ans. Il est engagé, tant sur le plan professionnel qu’associatif, en faveur du développement durable, de la solidarité internationale, de l’économie sociale et de la transition écologique.
« L’économie circulaire n’a de sens que si elle aboutit à une augmentation importante de la durée de vie des produits et à une augmentation de l’intensité de leur utilisation. »

On parle beaucoup d'économie circulaire depuis quelques années. Selon vous, est-on aujourd'hui dans une phase d'accélération ou reste-t-on encore au stade des bonnes intentions ?
D’après mon expérience de terrain, nous sommes encore loin de la circularité. Bien sûr, nous avons augmenté nos capacités de recyclage, mais cela ne permet, au mieux, qu’un statut quo en matière environnementale. Nous devons, pour être dans une véritable économie circulaire, remettre en question l’ensemble de la chaine de valeur, y compris nos modes de vie et de consommation. Or, on n’a jamais autant vendu de biens neufs qu’à l’heure actuelle. Nous avons besoin d’un réel changement de paradigme dans notre manière d’envisager l’économie.
Selon vous, quel est aujourd’hui le principal frein au développement d’une réelle économie circulaire ?
Nous avons un rôle à jouer en tant que citoyens, mais les entreprises aussi. Et celles-ci ne sont pas suffisamment invitées à aller dans ce sens. Les politiques régionales, fédérales et européennes devraient donner une vraie place à l’environnement et orienter les producteurs vers des modes de production et de consommation moins problématiques. Pourquoi ne pas s’inspirer de l’économie sociale ? Nous investissons dans l’humain, le social et l’environnemental, et développons ainsi des activités libérées du joug du retour sur investissement du capital. Les conventions de l’économie sociale pourraient régir, demain, l’ensemble de l’économie.
À quoi pourrait ressembler une Belgique circulaire en 2035 ?
De grands défis restent à relever, comme l’immense quantité de textile à traiter. Au lieu de les exporter, avec le risque qu’ils terminent dans des déserts ou soient brûlés, cherchons ensemble la meilleure solution de valorisation ou de réemploi. Tout déchet ne peut pas être transformé en ressource, mais il y a un vrai potentiel de développement de l’activité en Belgique.
De manière générale, nous pourrions aussi utiliser nos connaissances pour guider l’éco-conception. Des normes devraient être imposées aux producteurs pour que les produits soient plus robustes, réparables, et avec une durée de vie plus longue.