Une ferme vivante et engagée
Construire une ferme collective hors cadre familial, basée sur la mutualisation des tâches et des revenus ? Défi relevé par la Ferme du Grand Feu à Namur ! Accompagnée et financée par Crédal, elle propose aujourd’hui des abonnements en auto-cueillette et libre-service pour le maraichage, ainsi que la vente de fromages, œufs et tisanes.
« On voulait se reconvertir dans du concret, de l’utile », raconte Barbara Gabarczyk, maraichère. Conscients des enjeux de non-renouvellement des générations agricoles et de l’importance du maintien d’une production primaire locale, ils sont cinq à s’être lancés dans ce projet paysan ambitieux. En novembre 2025, après plusieurs années de recherches et de préparation, les travaux de construction de la ferme ont pu démarrer sur 10 hectares obtenus en location grâce à un appel à projet de la ville de Namur.
Aujourd’hui, la Ferme du Grand Feu propose des abonnements en auto-cueillette pour les légumes et aromates ; prochainement des paniers laitiers. Près de 200 abonnements ont été souscrits en 2026, avec un choix de trois tarifs selon la situation du ménage. Et des places sont encore disponibles ! « L’agriculture soutenue par une communauté solidaire, c’est un modèle qui nous parle », indique Barbara. « On partage les risques et l’abondance, et les citoyens et citoyennes se reconnectent au cycle des saisons. »

La ferme travaille en agroécologie et vise le label bio. Mais le plus surprenant est son modèle économique. « On va loin dans la mutualisation, mais c’est un choix murement réfléchi », poursuit-elle. « Chacune de nos activités agricoles possède ses propres contraintes, certaines ont besoin de beaucoup de surfaces, d’autres d’un investissement conséquent, certaines sont un produit d’appel pour d’autres… Mais elles méritent toutes d’exister et nous donnons tous le meilleur de nous-mêmes, en nous remplaçant les uns les autres, les week-ends. » C’est pourquoi tous les revenus et tous les investissements sont mutualisés : c’est la robustesse de l’ensemble qui est visée.
C’est donc tout naturellement que la Ferme du Grand Feu s’est constituée en coopérative, avec l’accompagnement de Crédal sur les volets juridiques, de gestion et de gouvernance. La maraichère en témoigne : « Il existe peu de modèles de fermes collectives, nous avions beaucoup de questions et nous avions besoin d’un regard extérieur. Les deadlines de notre conseillère nous ont également permis d’avancer de manière constante. » Pour permettre à la ferme de voir un jour, le financement participatif de 215.000€ a été complété par un prêt combiné de Crédal et W.Alter.
Ce que l’on peut lui souhaiter pour l’avenir ? Conserver son esprit collectif, soudé autour d’une même vision, avec un nombre d’abonnés permettant de vivre pleinement de sa production !