Inventer une autre manière de se loger
Maïté Mercier, Coordinatrice Crédal Conseil
« Le modèle coopératif effraie parfois, et de nombreux conseillers (notaires, agents immobiliers, banquiers...) le découragent d’entrée de jeu. Chez Crédal, nous pensons que sa richesse mérite que l’on s’y attarde, c’est pourquoi nous accompagnons les personnes qui veulent s’orienter vers ce type de solution, et leur donnons les arguments nécessaires pour le concrétiser. Nous proposons des formations mais aussi un accompagnement sur le long terme, autour de la gouvernance démocratique, par exemple »

Une coopérative immobilière
« Les coopératives immobilières acquièrent des bâtiments, les rénovent, les transforment en logements ou les mettent à disposition de projets porteurs de sens. Pour devenir membre d’une coopérative d’habitants, un résident doit acheter des parts sociales. Cependant, ces parts ne sont pas destinées à la spéculation immobilière. Les membres-résidents sont co-propriétaires des bâtiments. Ils les gèrent selon des principes de propriété collective, de coopération et d’association. »
Un logement décent la base d’une vie digne
Pour être en sécurité, mettre ses proches à l’abri, s’insérer socialement et professionnellement. Un droit humain fondamental, inscrit dans la Constitution belge et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Et pourtant : en Belgique, de nombreuses personnes n’y ont pas accès.
Les chiffres en Wallonie
- 14 coopératives immobilières
- 102 bâtiments
- 73 logements
Les causes de la crise du logement sont multiples
Parmi elles, on retrouve l’inflation immobilière qu’il s’agisse des loyers ou des prix à l’achat qui pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages. S’y ajoutent la pénurie de logements sociaux ainsi que la prolifération de « marchands de sommeil », qui profitent de la situation pour louer des logements insalubres.
Dans ce contexte, les coopératives d’habitants et habitantes viennent rarement à l’esprit. Dans nos régions, le modèle est peu connu, et encore moins reconnu. Pourtant, les coopératives immobilières proposent des solutions innovantes à ces problématiques.
Création de logements abordables et anti-spéculatifs
Le Community Land Trust est un principe qui sépare la propriété du sol et du bâti. Il permet d’acheter un logement et de le transmettre à ses enfants, sans supporter le coût du terrain. Le Community Land Trust Bruxelles (CLTB), fondé en 2012 et cofinancé par Crédal, a été le premier modèle du genre en Europe continentale. Il déploie, avec le soutien financier de Crédal, des projets dans toute la capitale. Il propose ainsi aux Bruxelloises et Bruxellois à faibles revenus des logements confortables et accessibles,tout en luttant contre la spéculation immobilière.
De nombreuses coopératives immobilières incarnent ce modèle. C’est le cas de Fair Ground Brussels, co-fondée par Crédal. Elle constitue un acteur clé dans la mise à disposition de foncier en faveur de projets de logement coopératif et de lutte contre le sans-abrisme. Citons aussi le château de Balâtre (un projet patrimonial et collectif transformé en habitat coopératif durable), accompagné par Crédal pour la constitution en coopérative (statuts, plan financier…).
Gouvernance démocratique et implication citoyenne
Dans une coopérative immobilière, les membres sont impliqués dans la gestion de leur habitat selon le principe « une personne = une voix. » Cela garantit une gouvernance collective, transparente et participative, éloignée de la spéculation.
Innovation sociale et cohésion
De nombreuses coopératives d’habitants ou ASBL avec dimension de coopération forte visent explicitement la solidarité et la mixité sociale. Crédal a déjà soutenu de nombreuses initiatives comme Vill’ages de Pass-ages, Cobha, Ecovillage Pincemaille, Le DoJo, Collectif du Logement de Hannut…
Envie de créer votre propre projet coopératif immobilier ?
Crédal vous propose un financement adapté et un accompagnement sur mesure ! N’hésitez pas à nous contacter.