Un projet coopératif et participatif pour maintenir des emplois

Un projet coopératif et participatif pour maintenir des emplois

Difrenotech

Difrenotech, c’est l’histoire de quatre travailleurs qui n’ont pas voulu baisser les bras. Fiers de leur savoir-faire, convaincus de la qualité de leur projet sur les plans écologique et social, certains de sa viabilité économique, ils ont créé une « SCOP » pour continuer leur activité.

Une SCOP – aussi appelée une coopérative de travailleurs associés – c’est une société à gestion coopérative et participative, au sein delaquelle les travailleurs apportent chacun une part significative du capital et où les décisions sont prises en commun. Telle est la formule mise en place par Billy, Bernardo, Marshal et Francesco lorsque la multinationale qui les emploie décide de délocaliser en Tchéquie leur branche d’activité, le reconditionnement de différentiels (boîtes de vitesse) pour poids lourds. « Grâce à notre bonne connaissance du marché, nous savons qu’il existe une demande locale suffisante et en croissance pour ce type de produits qui s’inscrit dans la transition vers une économie plus écologique, explique Billy, qui a travaillé 28 ans dans le domaine. Nous avons donc frappé à différentes portes pour obtenir des conseils et de l’aide. Et partout nous avons été écoutés et soutenus. »

Les syndicats, les cabinets ministériels, des organismes tels que l’asbl Propages, la Sowecsom, Crédal et Actzon une entreprise voisine et partenaire: chacun apporte sa pierre à l’édifice. La participation de Crédal consiste en quatre microcrédits professionnels accordés aux travailleurs fondateurs de la coopérative pour financer leur part du capital.

Actuellement, les quatre coopérateurs ont un contrat de travail à trois quarts temps. Leur premier challenge est de se faire connaître et reconnaître par les clients potentiels, en Belgique et ailleurs en Europe, de les convaincre par le sérieux de leur travail et le respect des délais – bref de se faire un nom. Ils veulent également élargir leurs activités en mettant en place le reconditionnement d’autres pièces de camion (valves, soupapes) en partenariat avec Actzon.

Billy Gomez en est convaincu : « il y a moyen de changer le système. Lorsqu’ils sont confrontés à une décision de délocalisation de leurs activités, les travailleurs peuvent se mettre en coopérative pour que l’argent reste ici. Tout est possible avec un projet qui tient la route, un plan financier sérieux et de l’aide. »

 

Propos recueillis par V. ROUSSEAUX
Journaliste volontaire