Un café bruxelere qui ne laisse pas de traces

Un café bruxelere qui ne laisse pas de traces

Boentje café

Le Boentje Café, c’est le premier café zéro déchet bruxellois. Pas de tasses en carton, de pailles en plastique ou de poubelles qui déborde d’emballages en tous genres, mais des bocaux, des serviettes en tissu, un compost, des ingrédients livrés en vrac et même des pailles métal- liques pour les bambins qui veulent siroter.

L’histoire du Boentje café commence, comme nombre de projets entrepreneuriaux, plutôt loin de la restauration. C’est l’histoire de deux amies d’enfance, Sandrine et Victoria, l’une économiste, l’autre avocate, qui partent en séjour Erasmus pendant leurs études. L’une à Montréal, l’autre à Copenhague. Et elles découvrent toutes les deux les « coffee houses », sortes de cafés de jour où l’ambiance est plutôt au cocooning et à la décontraction.

Un mémoire plus tard, les voilà diplômées et prêtes à se lancer sur le marché de l’emploi. Enfin pas si prêtes que ca : « Je ne me voyais pas travailler dans le secteur juridique. L’idée d’ouvrir un coffee house à Bruxelles me tentait. J’ai demandé à Sandrine si elle voulait se lancer avec moi et, heureusement, elle a dit oui parce que je ne me voyais pas faire cela toute seule » sourit Victoria. Avant de se lancer, les deux jeunes femmes décident de se faire la main et consacrent un an à travailler dans des cafés bruxellois, 6 mois ensemble pour
« vérifier si elles étaient compatibles dans le travail », puis six mois chacune de son côté pour accumuler les expériences.

Un coffee house, c’est bien mais la question de leur impact sur l’environnement les tracasse. Un café, si on n’y prend pas garde, c’est beaucoup de déchets. Elles se lancent alors le pari un peu fou d’ouvrir un café zéro déchet. Si Victoria a grandi dans une famille très versée en écologie, c’est moins le cas de Sandrine qui devient pourtant très rapidement la « reine du bicarbonate de soude » comme le dit Victoria dans un clin d’œil.

Quelques formations entrepreneuriales et beaucoup de recherches plus loin, les voilà occupées à aménager un joli local avec du mobilier de récupération, des serviettes en tissu et des pailles en inox, à négocier avec les fournisseurs pour qu’ils leur livrent sans déchet. « Nous nous sommes installées dans un quartier très mélangé parce que nous voulions contribuer à sensibiliser des personnes qui ne le sont pas. Parfois, des clients de passage entrent et découvrent le projet zéro déchet qui se cache derrière leur sandwich. »

Pour financer leur projet, Victoria et Sandrine lanceront un crowdfunding et solliciteront un crédit chez Crédal. « Nous n’imaginions vraiment pas faire appel à une banque qui finance la vente d’armes, par exemple. Nous avons choisi Crédal parce que la formule proposée n’exigeait pas de garanties personnelles et, pour nous, c’était un stress en moins. »

A la carte de la jolie enseigne, des plats tout pleins de fantaisie, de couleur et de saveurs. « Aucune de nous deux n’a de formation en restauration. On cuisine ce qu’on a envie de manger avec des produits de saison, en cherchant à valoriser tous les restes. » Un cheesecake aux « chutes » de spéculoos ou un bodding avec les restes de pain, tout est bon quand on fait attention à ne rien jeter. Au jardin, un compost pour les derniers restes et, bientôt, un potager pour des aromates vraiment très locaux. De quoi attraper un boentje pour le zéro déchet.

Pour en savoir plus:
www.boentjecafe.be

Propos recueillis par Anne-Catherine DE NEVE
Chargée de communication