De l’accompagnement ludique et thérapeutique sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant

De l’accompagnement ludique et thérapeutique sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant

Fun-en-Bulle

Depuis 2010, Fun-en-Bulle propose un accompagnement sur mesure à des enfants et des adolescents souffrant de troubles du spectre autistique ou de retards de développement. Stimulés par le jeu, ceux-ci font des progrès souvent remarquables. « L’un des enfants que nous suivons, nous a confié Michèle Huart, la coordinatrice de l’asbl, a décroché son CEB et a intégré l’enseignement secondaire normal. » Des résultats à vous donner le punch et l’enthousiasme nécessaires pour développer et étoffer sans cesse vos activités ! Découverte avec Michèle Huart, coordinatrice de l’asbl.

L’asbl Fun-en-Bulle, cela représente combien de personnes ?
Nous sommes deux : ma collègue Chloë Bauraind est psychologue et travaille à mi-temps pour l’asbl. J’en suis la coordinatrice, à raison de 12 heures par semaine. Nous travaillons également avec différentes écoles supérieures afin d’accueillir deux stagiaires chaque année : des futures psychologues, psychomotriciennes, logopèdes…

Combien d’enfants accompagnez-vous ?
A l’heure actuelle, nous suivons 16 enfants et adolescents, dont la moitié habite à Namur ou dans les environs, tandis que les autres sont disséminés sur les autres provinces wallonnes. Cela fait mal au cœur mais nous devons refuser des demandes. Car accompagner plus d’enfants nuirait à la qualité du suivi.

A quelle fréquence voyez-vous les enfants ?
Généralement deux fois par mois pour les enfants de la région de Namur, une fois pour les autres, pour une séance de jeu d’une heure et demie. Mais les enfants et leur famille bénéficient également de l’accompagnement offert par notre vaste réseau de volontaires. La plupart de ceux-ci jouent en salle de jeu avec les enfants, d’autres proposent de les stimuler en piscine ou de leur apporter un soutien visant des apprentissages, de façon ludique et relationnelle. Ces activités proposées par les volontaires au domicile des familles ont lieu chaque semaine, de préférence à date et heure fixes, les enfants souffrant de troubles du spectre autistique ayant besoin de repères très clairs. Les familles qui le souhaitent bénéficient ainsi du soutien d’une vingtaine de volontaires…

Quel âge ont les enfants que vous suivez ?
Les enfants suivis actuellement ont de deux ans et demi à quinze ans. C’est très important de pouvoir les accompagner dès leur plus jeune âge, car plus cet accompagnement est précoce, plus l’évolution de l’enfant sera potentiellement importante.

Mais qui dit âges différents, dit approches et outils différents…
De toute façon, il y a autant de types d’autisme qu’il y a d’enfants. Nous proposons donc du travail sur mesure, en fonction des demandes des parents et des besoins spécifiques des enfants. S’adapter chaque fois à chaque situation est primordial, si bien que nous utilisons plusieurs approches et techniques différentes, tenant compte du stade de développement de l’enfant, de ses particularités et de ses besoins.
Au départ, il est essentiel de construire une relation avec l’enfant, l’aider à s’ouvrir à la relation à l’autre et faire en sorte qu’il y trouve du plaisir. Car notre premier objectif est de permettre à l’enfant d’acquérir les compétences relationnelles et sociales de base nécessaires à son intégration dans la vie sociale et en milieu scolaire.

Tout en apportant aussi un soutien aux parents ?
En effet, ce qui nous demande aussi beaucoup de temps. Car les parents ont besoin d’être encouragés et soutenus. Ils sont les experts de leur enfant, le voyant évoluer au quotidien : Ils doivent pouvoir faire part de leurs difficultés et de leurs questions, ainsi que de leurs objectifs ; et réfléchir avec nous à ce qu’il faudrait mettre en place pour les atteindre. Ce soutien aux parents est donc aussi important que l’accompagnement de l’enfant.

Proposez-vous une formation aux candidats volontaires ?
Nous leur demandons de suivre cinq journées de formation - aussi ouvertes aux parents et même aux professionnels qui le demandent - ou plutôt de « form’actions », car nous nous efforçons de rendre ces formations actives et participatives. Nous leur demandons aussi de s’engager pour une période de six mois minimum. Certains sont là depuis la naissance de l’asbl et, au fil des ans, un formidable réseau d’une centaine de volontaires de tous âges s’est progressivement créé.

Comment les activités de l’asbl sont-elles financées ?
Depuis fin 2011, nous bénéficions d’une subvention facultative annuelle de la Région wallonne. Nous demandons également une contribution financière de 35 euros par mois par famille, soit le montant préconisé par l’AVIQ pour ce type d’accompagnement. Par ailleurs, nous participons régulièrement à des appels à projets pour décrocher des financements supplémentaires, par exemple pour du matériel ou des équipements spécifiques. L’un des derniers projets rédigé a pour objectif de créer, en collaboration directe avec les parents, du matériel didactique de façon collective.

Une grande partie de mon travail consiste à répondre à ces appels à projets, à faire connaître nos activités, à identifier de nouvelles sources de financement, à faire en sorte que l’asbl soit mieux reconnue… Entre-temps, le soutien financier de Crédal nous est indispensable. A défaut, nous manquerions des fonds nécessaires pour terminer l’année. Car le solde de notre subvention ne nous parvient jamais avant l’année suivante.
Malgré ces difficultés, nous restons hyper-enthousiastes... grâce aux enfants et à leurs familles. Car les progrès réalisés par les enfants sont remarquables et nous donnent l’envie d’en faire toujours plus !

 

Propos recueillis par François Bonheure, journaliste volontaire

 

Plus d'info:

www.funenbulleasbl.be