« Entre femmes, on parle le même langage »

« Entre femmes, on parle le même langage »

Womade Brussels est le premier espace de coworking féminin de la capitale. Il propose aux femmes un lieu de travail inspirant, un réseau bienveillant et un très bon café. Sa fondatrice, Alba Pregja, s’est tournée vers Crédal « pour le contact humain ».

Sur la page Facebook de Womade Brussels, Alba Pregja cite l’entrepreneur américain Sam Altman : « [Pour éviter le burnout], l’une des choses qui marche à presque tous les coups, c’est de trouver un travail qui vous plait avec des gens avec qui vous aimez passer du temps ». Ce conseil donne le ton: Womade, c’est avant tout un grand soin apporté à l’ambiance de travail et aux contacts sociaux. Du café aux canapés, des post Instagram aux discours engagés, Alba n’a rien laissé au hasard. Car son projet, c’est aussi l’aboutissement d’une quête personnelle.

Tout a commencé, quelques années plus tôt, par une idée : Alba se dit que les galeries d’art classiques ressemblent trop souvent à des repaires d’hommes blancs, dont on peut se sentir exclu. Elle réfléchit à l’idée d’ouvrir un lieu plus ouvert et plus démocratique, dédié aux jeunes artistes. Mais monter un tel projet demande d’être formée, conseillée, encouragée. Alba n’a pas d’entrepreneur.se.s dans son entourage proche ; les freins lui semblent nombreux. « Je me sentais seule. Les mecs me disaient : c’est bon, vas-y, tu te poses trop de questions. »

Womade, c’est avant tout un grand soin apporté à l’ambiance de travail et aux contacts sociaux. Du café aux canapés, des post Instagram aux discours engagés, Alba n’a rien laissé au hasard. Car son projet, c’est aussi l’aboutissement d’une quête personnelle.

A force de chercher du soutien, Alba rencontre des femmes qui traversent les mêmes doutes. Et là, le déclic s’opère : « On parle le même langage ». Le monde du travail, les réseaux professionnels ou la création d’entreprises restent empreints d’une culture masculine – parfois machiste. Dans ce contexte, les entrepreneuses, indépendantes et meneuses de projets ont beaucoup à gagner à s’épauler. Pour Alba, il manquait un lieu qui leur serait dédié et dans lequel elles pourraient se sentir « comme à la maison ». « Ce n’est pas juste un effet de mode. On a besoin de voir émerger des réseaux féminins. » Le déclic final, c’est la naissance de sa fille et le sentiment qu’à un moment, il faut aligner ses actes avec les discours que l’on construit en tant que parent : « Je me suis dit : maintenant, il faut le faire. J’ai démissionné et je me suis lancée dans le projet. »

 
Un mouvement européen

Il existe déjà une cinquantaine de coworking féminins en Europe – dont un à Anvers. Le concept répond à une réelle demande et Alba n’a dès lors pas dû batailler pour convaincre les banques classiques de la soutenir. Le défi de celle qui a toujours rêvé d’être architecte d’intérieure était plutôt de trouver un lieu à la hauteur de ses envies. Pas question de se retrouver dans un bureau à moquette grise et à néons blafards. Alba a fini par dénicher une maison de maître avec moulures et parquet en bois, en plein pendant le confinement du printemps dernier. Mais au lieu de recontacter ses banquiers, elle s’est alors tournée vers Crédal. « Parce que c’est un projet avec un impact sociétal. Et que le contact était incomparable. J’ai bénéficié d’une écoute bienveillante. Je sentais qu’ils n’étaient pas juste intéressés par le profit. Je venais chez Crédal pour un prêt mais j’ai continué pour l’accompagnement et l’écoute. »

Avec un budget total de 60.000 euros, Alba a choisi l’ameublement et la décoration de son coworking, comme s’il s’agissait d’aménager sa maison, avec en plus un espace pour des shootings ou l’enregistrement de podcasts. Womade Brussels a ouvert ses portes en septembre dernier et compte déjà une dizaine de membres, parmi lesquelles une gourou des médias sociaux, une podcasteuse réalisatrice ou une architecte décoratrice. « Les idées s’échangent déjà », se réjouit Alba. Elle espère entrer dans ses frais avec le coworking mais c’est la location des salles et l’organisation d’événements qui devraient lui permettre de générer du profit – dès que le contexte Covid sera plus favorable. D’ici-là, elle se réjouit déjà d’avoir trouvé le job qui lui plaisait et les personnes avec qui elle aimait passer du temps.

Alba a fini par dénicher une maison de maître avec moulures et parquet en bois, en plein pendant le confinement du printemps dernier.

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Céline Gautier, Journaliste