La voiture de leur avenir

La voiture de leur avenir

Il y a des gens pour qui ne plus avoir d’auto, c’est perdre la liberté. Pour d’autres, c’est s’en acheter une qui permet d’avancer. C’est le cas de Thérèse Mostenne et Mickaël Bays, qui vivent dans un village ardennais isolé. En deux ans, le couple a contracté deux emprunts auprès de Crédal pour acheter des véhicules d’occasion. Après des années très difficiles, cela leur permet de postuler à des emplois plus stables et de convoyer leur grande famille.  En route vers plus d’autonomie…

Imaginons. Un jeudi matin, à 7h06, dans la commune luxembourgeoise de Wellin. Vous devez vous rendre à votre travail à Rochefort, à une quinzaine de kilomètres de là, et vous venez de rater le bus de 7h05 – celui qui vous aurait conduit à destination en 51 minutes. Le suivant est à 8h52 et vous ferait arriver avec presque deux heures de retard. En voiture, vous y seriez dans 20 minutes. Que faites-vous ? Cette question, dans la famille de Thérèse et Mickaël, on se la pose tous les jours. Wellin, c’est l’Ardenne des bords de Lesse, un lieu peu connecté pour une famille de quatre enfants, de 8 à 17 ans, qui fréquentent des écoles différentes.

Les parents, qui ont de très faibles revenus, se disent que sans voiture, ils n’y arriveront pas : « J’ai passé mon permis à 34 ans, explique Thérèse. J’ai appris à conduire avec mon mari et mon papa, pour pouvoir trouver un emploi. Ils demandent tous le permis de conduire. J’ai souvent été refusée à cause de cela. Récemment, j’étais sur le point d’avoir une place, comme technicienne de surface, mais je n’avais pas de voiture et je n’ai pas eu le poste. » Pour nettoyer les bureaux ou les magasins, il faut en effet être sur place avant l’arrivée des travailleurs et être capable de circuler d’un lieu à l’autre. Aucune navette n’est organisée par l’employeur.

En 2018, Mickaël obtient de Crédal un Microcrédit aux particuliers qu’on appelait avant un crédit social accompagné. 7500 euros pour acheter une Toyota Corolla, 7 places, d’occasion, qui lui permet de transporter sa famille et de se rendre à son travail. Actuellement, il contribue à l’entretien des espaces verts le long des autoroutes. « On accorde des prêts à tempérament aux personnes qui n’ont pas accès aux crédits bancaires, explique Geneviève Hallet, coordinatrice des microcrédits aux particuliers chez Crédal. Ces gens qui ont des tout petits revenus, personne ne veut les aider. Or, on voit qu’avec un coup de pouce, leur situation évolue bien. »

Et de fait, elle évolue... Au début de cette année, Thérèse a, à son tour, demandé et obtenu un microcrédit auprès de Crédal, pour s’acheter une voiture. Un prêt total de 10 000 euros, reprenant le précédent, a été accordé au couple pour qu’ils puissent, l’un et l’autre, gagner en autonomie.

« Je faisais des contrats de remplacement chez Team Power, comme technicienne de surface, explique Thérèse.  Je leur ai demandé un vrai contrat à mi-temps. Ils m’ont dit qu’ils étaient d’accord. Là, je dois patienter encore un peu. »

Parti de loin, le couple a aujourd’hui stabilisé sa situation. Il pense même à déconnecter cet été. « On essaie toujours de partir une semaine à la mer, pendant les grandes vacances. On est en train de regarder du côté de la France. On n’a jamais été avec les enfants à l’étranger. » Loin de cette belle vallée de la Lesse, où les bus passent si rarement...

 

Propos recueillis par Céline GAUTIER 
Journaliste indépendante