« Profiter du bouillonnement de l’économie sociale »

« Profiter du bouillonnement de l’économie sociale »

A quoi devra ressembler Crédal demain ? Et dans un an ? Dans cinq ans ? C’est avec pour objectif de répondre à ces questions que notre coopérative mène actuellement une large réflexion articulée au sein d’un plan stratégique.

Après avoir collecté des informations auprès de collègues et coopérateurs, les portes de la coopérative s’ouvrent aujourd’hui aux experts issus de la société civile. Nous vous proposons le point de vue de Marthe Nyssens, prorectrice Transition et Société à l’UCL, qui est venue s'exprimer lors d'un "midi de Crédal".

Ce premier quadri de l’année a une saveur toute particulière pour Marthe Nyssens. En quelques semaines seulement, elle a inauguré le poste de prorectrice Transition et Société et a mené à bien la rentrée académique du nouveau master complémentaire en économie sociale proposé à l’UCL et à l’Ulg. Deux défis de taille qui font écho à ceux qui se pressent à la porte de Crédal dans le cadre de la définition de son plan stratégique.

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Mesurer son impact

Crédal est-elle une coopérative efficace ? Cette question est au cœur des réflexions qui animent les discussions autour du plan stratégique. Si une entreprise marchande peut se reposer sur son objectif de maximisation de la rémunération des actionnaires au moment de mesurer son efficacité, ce n’est pas le cas d’une coopérative comme Crédal. Mesurer notre impact social est un moyen d’arriver à cette fin. Mais si l’objectif est connu, les moyens pour y parvenir sont compliqués à mettre en place, « tout le monde dit qu’il mesure son impact social mais en réalité personne ne le fait vraiment. (…) La démarche est chère et prend du temps. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire ! La question est réellement essentielle pour une entreprise d’économie sociale. Nous avons fait ce travail pour les Petits Riens. Pour y arriver, nous avons créé des indicateurs qui ne sont pas des indicateurs sociaux au sens strict. Dans ce cas, le processus est aussi intéressant que le résultat. Cela permet d’avoir une certaine discussion sur son activité et son impact. »


Des opportunités à saisir

Mais si Crédal doit évaluer l’efficacité des actions qui sont déjà menées, il est plus que jamais temps de rêver. Rêver parce que le secteur de l’économie social ne cesse de se diversifier. Marthe Nyssens y voit une opportunité, « l’économie sociale bouillonne actuellement. Que ce soit sur le plan sectoriel et organisationnel. Au niveau sectoriel, on remarque qu’il se passe énormément de choses, au niveau de la finance sociale, de la culture,etc. Et au niveau organisationnel, le constat est le même avec le développement d’un modèle associatif entrepreneurial, de coopératives sociales, de social business et d’entreprises sociales parapubliques. » Et cette diversité organisationnelle donne de la visibilité au secteur de l’économie sociale auprès de publics qui n’auraient pas été touchés par le passé, « aujourd’hui, on parle d’économie sociale à la Louvain School of Management via le social business, c’est une magnifique porte d’entrée pour attirer du public vers l’économie sociale. »

Mettre ses forces en avant

Mais qui dit économie sociale qui bouillonne dit acteurs de la finance qui s'y intéressent. Dès lors comment Crédal doit-elle se distinguer face à ces nouveaux acteurs ? « Je pense que Crédal doit d’abord communiquer autour du fait que l’argent qui est placé dans la coopérative est récupérable. Ensuite, ce sont les 35 ans d’expertise de votre équipe qui doivent être valorisés. »