Un tango à Bruxelles

Alma del Sur

Chaque année, quelque part entre la mi-avril et le début du mois de mai, la capitale, prise d’une étrange excitation, résonne au son des bandonéons et des violons. Dans les salles de bal, sur les parquets lustrés, les talons aiguilles dessinent des arabesques étranges et compliquées et les danseurs enlacés ne rompent qu’à regret l’abrazo aux premières lueurs du matin. C’est le Brussels Tango Festival.

« On a lancé le Brussels Tango Festival il y a maintenant 13 ans » explique Nathalie Jonckheere, la passionnée qui porte l’initiative. Bruxelles est une ville de danse et compte une belle communauté de tango : « Celui qui veut peut y danser le tango tous les soirs de l’année ». Les danseurs viennent de tous les milieux, de toutes les professions et même, le temps du Festival, du monde entier. « Quand tu entres dans la milonga – la salle de bal tout autant que le bal lui-même –, ton métier, ta vie et ton origine n’existent pas. Tout ce qui compte, c’est la manière dont tu danses » sourit Claire Deville, danseuse.

On tombe dans le tango presque comme en religion. «En général, on commence un peu par hasard. Parce que quelqu’un nous a amené dans une classe. On ne comprend pas pourquoi on n’y arrive pas, alors on s’obstine. » Le tango, c’est très addictif. Tous les tangueros le savent. Les danseurs débutants sont d’ailleurs souvent comme pris d’une frénésie de danser. « Durant le Festival, ils sont là tous les jours, ils veulent tout danser » s’amuse encore la danseuse. « Le tango est une danse qui se danse enlacés dans les bras l’un de l’autre. Le contact, c’est quelque chose que notre société a tendance à oublier et qu’on retrouve dans le tango. Dans la milonga, on danse et on vit. On connaît le bonheur fou, beaucoup de joie dans le partage, et en même temps cette tristesse... »

Un tango à Bruxelles


Au programme de l’un des plus anciens festivals du genre : cinq jours et cinq nuits de musique lancinante, de robes pailletées et de cheveux gominés, de danses virevoltantes, d’éclatantes démonstrations de maestros venus d’Argentine et des quatre autres coins du monde. Du tango, du tango et encore du tango de 14 heures à 8 heures du matin. Il y en a pour tous les niveaux et toutes les adresses. En journée, des cours donnés par les maestros, des démonstrations pour le grand public ; le soir, des bals où les gens viennent pour danser et s’amuser, regarder, et même parier sur les meilleurs danseurs lors de la fameuse soirée du dimanche où les couples sont tirés au sort. Tard dans la nuit, la fête continue, à l’heure argentine, l’heure du petit déjeuner offert ! Pendant le Festival, de nombreuses activités gratuites organisées en plein air font découvrir la danse argentine aux Bruxellois. Toutes les occasions sont bonnes pour plonger…


C’est la troisième année que l’association Alma del Sur préfinance le Festival grâce à un crédit octroyé par Crédal. Les cachets des maestros et des DJs sont souvent payés à l’avance, alors que l’association réalise toutes ses recettes avec la vente des tickets d’entrée aux différentes activités.

 

Pour en savoir plus
www.brusselstangofestival.com
> Le crédit pour les projets associatifs et culturels


Propos recueills par AC de Neve, chargée de communication
Photographie : Olivier Papegnies du Collectif Huma > www.olivierpapegnies.com

   
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