La vie est là, il faut en profiter

Yves Rossius et Nadine Vanderdeelen

Yves Rossius et son épouse, Nadine Vanderdeelen, la petite soixantaine, ont sollicité un microcrédit aux particuliers de 1.500 euros pour l’achat d’une voiture. Le parcours qui les a conduits dans les bureaux de Crédal est long et inattendu. C’est l’histoire de débuts prometteurs, de projets enthousiasmants et d’une succession de décisions qui mènent un couple, dont la vie aurait pu être sans heurt, au bord de la vulnérabilité.

Yves Rossius n’a pas « fait de hautes études ». Armé d’un bac, il passe l’examen de jardinier-élagueur dans une administration communale. Il n’y connaît pourtant rien et, pour le réussir, il s’entraîne « à monter dans les arbres, avec des cordes et tout le bazar. » Nommé, il passera 20 ans dans l’administration. Il reprend ensuite, avec son épouse, la gestion d’un patrimoine immobilier familial. « Les choses marchaient bien pour nous. On n’avait pas à se plaindre. C’est à cette époque qu’on a rencontré un Français, qui nous a proposé d’investir dans un projet hôtelier de luxe au Sénégal » se souvient Yves.

Le couple se laisse tenter par l’aventure et revend son patrimoine. Yves s’occupe de suivre le chantier de construction des appartements pendant que son épouse reprend un restaurant. C’est au coeur de cette vie aux allures paradisiaques que les ennuis commencent : l’associé est en réalité un escroc et, de procès en procès, Yves et Nadine perdent tous leurs biens et sont forcés de rentrer, ruinés, en Belgique. « Ça a été le début de la galère. Ma femme, quadrilingue, a retrouvé du travail dans la réception hôtelière, mais c’étaient toujours des petits contrats intérimaires. »

La vie est là, il faut en profiter

Nadine et Yves décident de s’installer à Arlon et d’y ouvrir une crèche : « C’était un vieux rêve de mon épouse qui avait toujours rêvé de devenir institutrice ». Au début, tout fonctionne à merveille. Quatre ans plus tard, le rêve s’écroule : « rattrapé par les cotisations sociales », le couple est obligé de fermer la crèche. Et c’est de nouveau le chômage : Yves étant indépendant, seule Nadine reçoit une indemnité. Le couple quitte Arlon pour s’installer dans une petite maison et revend sa voiture, un gros modèle qu’il ne peut plus assumer.

C’est l’assistante sociale du CPAS qui leur parle de Crédal pour financer l’achat d’une petite voiture. « On a rencontré la conseillère et le courant est tout de suite passé. Crédal, c’était la meilleure solution pour nous, parce que c’était la seule. » Aujourd’hui Nadine travaille quand elle peut et Yves envisage de « rentrer comme article 60 » pour retrouver une partie de ses droits.
« Quelque part, on est des accidentés. On peut croire que rien ne va vous arriver mais, en réalité, ça arrive. Et quelque fois, de notre faute. Dans tout ce qui nous est arrivé, il y a un peu de la mienne. Mais on a gardé le moral, on s’est battus à deux, on est resté à deux. L’argent, d’accord, c’est important, mais ça ne fait pas tout. Et même si on n’a pas envie de faire la fête tous les jours, la vie est là, il faut en profiter. »

 

Pour en savoir plus
> Crédit social accompagné

Propos recueills par AC de Neve, chargée de communication
Photographie : Olivier Papegnies du Collectif Huma > www.olivierpapegnies.com

 

   
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