Un village se mobilise pour son école

Ecole maternelle Saint Rombaut

Depuis l’année dernière, un tout nouveau bâtiment accueille les jeux, les rires et les dessins des enfants de l’école maternelle Saint-Rombaut à Rachecourt. L’ancien bâtiment était devenu trop vétuste et exigu pour accueillir dans de bonnes conditions les enfants du village, de plus en plus nombreux. En étroite synergie avec la commune et les habitants, le Comité scolaire Saint-Rombaut a monté un vaste projet pour rebâtir son école. Récit d’une belle aventure qui se rit des clivages avec Claude Feltz, représentant de l’équipe porteuse du projet et Sybille Muller, directrice avec classe.

Une nouvelle école maternelle dans un petit village ?

C. F. : À Rachecourt, historiquement, il y a deux écoles, créées toutes les deux au XIXe siècle. L’école primaire est communale ; l’école maternelle est libre : elle avait été construite par le curé de l’époque, sur un terrain qui lui appartenait et qu’il a ensuite légué à la Fabrique d’Église. Sauf les entretiens, le bâtiment n’avait pas changé depuis cette époque.

S. M. : En 2010, nous avons tiré la sonnette d’alarme car la vie dans le bâtiment, vieux et exigu, devenait trop difficile. L’ambiance et l’accueil des enfants commençaient à en pâtir. Comme on ne pouvait pas pousser les murs, il a fallu envisager la construction d’un nouveau bâtiment.

Cinq ans pour construire une nouvelle école, c’est un beau tour de force, non ?

C. F. : Oui, c’est vrai vu le nombre d’intervenants. Vu la vétusté et l’exiguïté de l’ancien bâtiment, notre projet de nouvelle construction a pu faire appel au Programme prioritaire des travaux de la Communauté française. Nous avons aussi profité d’un concours de circonstances : quand nous avons commencé à monter ce projet, la commune cherchait à construire une nouvelle cantine scolaire. Nous sommes allés les voir pour leur proposer de chercher à intégrer les deux projets.

S. M. : Ensemble, on fait toujours mieux, alors on a réfléchi à une solution coordonnée. Juste à l’arrière de l’école primaire et en plein coeur du village, il y avait une plaine de jeux appartenant au cercle paroissial local. C’était l’endroit tout trouvé ! Nous allions pouvoir y bâtir un bel ensemble scolaire intégré : nouvelle école maternelle libre, nouvelle cantine communale et plaine de jeux attenant à l’ancienne école primaire communale rénovée.

Un projet transversal de ce genre, ce n’est pas trop difficile à monter ?

C. F. : Si, bien sûr. Mais dans le village, tout le monde s’est mobilisé et la mayonnaise a vite pris entre tous les intervenants. Il a cependant aussi fallu convaincre les instances supérieures. Pas facile avec une école dont le bâtiment appartient à une Fabrique d’Église... Mais la commune, qui a accepté de jouer le jeu, nous a appuyés auprès des pouvoirs de tutelle. Comme la Communauté française intervenait à hauteur de 70 %, il nous fallait encore trouver 30 % de financement. Les banques traditionnelles, alors même que tous les membres du PO étaient clients et que nous avions toutes les garanties, sont restées muettes.

S. M. : C’est à ce moment-là que nous avons fait appel à Crédal, qui a vraiment été notre bouée de sauvetage, en acceptant d’étudier le dossier, malgré le contexte juridique difficile, et, finalement, en acceptant de nous octroyer un crédit d’investissement de plus de 150.000 euros !

Un beau projet qui a mobilisé tout le village

S. M. : Ce qui a été formidable, c’est que tout le village s’est mobilisé pour la défense de son école. Nous avons été littéralement portés par le village et la commune. Au moment de la construction, nous avons vu un vrai élan de solidarité bénévole : tout le village a mis la main à la pâte, ce qui nous a permis de réduire notre budget de plus de 50.000 euros ! Un nouveau sens de l’école comme outil de cohésion…

C. F. : Aujourd’hui, nous sommes dans les nouveaux bâtiments et tout le monde respire. Nous avons dessiné un bel ensemble architectural, simple mais cohérent, lumineux et très agréable à vivre. Cela a vraiment permis d’améliorer la qualité de l’accueil que nous proposons aux enfants et aux parents.

Pour en savoir plus 

> Crédit solidaire et aux associations

> Conseil et accompagnement de l'économie sociale

Propos recueillis par Anne-Catherine de Neve, chargée de communication  

 

   
X