Soutenir les jeunes artistes

Le pari osé de COMMONPLACES

« Si on nous avait dit que nous serions encore là après 3 ans, nous ne l’aurions pas cru. Nous nous sommes lancés sans savoir où cela allait nous mener. » Rencontre avec Shirley Chantraine, cofondatrice de l’association COMMONPLACES qui accompagne de jeunes artistes prometteurs et organise pour eux des expositions dans des espaces qui les accueillent pour l’occasion.

Comment l’aventure a-t-elle débuté ?

 Au terme de nos études d’histoire de l’art, François Harray et moi avons rapidement fait le constat qu’il était très difficile pour les jeunes artistes de se faire connaître. Les galeries d’art chez nous s’y intéressent très peu s’ils n’ont pas déjà percé à l’étranger. Et ce, alors qu’il y a un potentiel incroyable parmi ces jeunes artistes.

Ouvrir votre propre galerie n’était pas une option ?

Non. D’une part, parce que le monde des galeries est très fermé et, d’autre part, parce qu’une approche purement commerciale ne nous intéressait pas. En plus des espaces d’exposition temporaires que nous leur offrons, nous voulons aussi accompagner les artistes et les aider à progresser dans leur démarche et leurs pratiques artistiques.

Ne pas être une « vraie » galerie, c’était aussi éviter d’être cantonné à un certain public ?

Nous ne cherchons pas à toucher un public spécifique ni cibler tout particulièrement des publics non avertis. Au contraire, nous sommes convaincus que l’art contemporain est pour tout le monde. Il doit justement être un lieu de rencontre et de partage entre différents publics. Cette dimension de dialogue se retrouve aussi dans le choix des artistes. Au-delà de critères purement qualitatifs, nous voulons travailler avec des gens ouverts sur la société ; qui la questionnent dans leur travail. Cela dit, ce qui prime vraiment pour nous, c’est l’échange, la relation humaine.

COMMONPLACES fait quand même de la vente ?

Ce n’est pas notre but principal, mais c’est nécessaire. Pour développer nos activités, nous devons avoir d’autres rentrées que les subsides obtenus pour des projets ponctuels. Et cela contribue à promouvoir les artistes que nous soutenons.

Quelles sont les perspectives de COMMONPLACES ?

Pour l’heure, l’association tourne avec du bénévolat pur et reste fragile. Crédal nous permet de résoudre nos problèmes de liquidités. Mais nous sommes toujours là après trois ans, avec un volume d’activités et de ventes en croissance, et une série de collaborations réussies comme le projet Mixart mené avec l’asbl Cultureghem.* Un nouveau projet, Bi… Pan… Sex… What more?, est par ailleurs sur les rails… Pour le reste, on verra !

 

Propos recueillis par François Bonheure, journaliste volontaire

   
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