Simone et Adolphe

Notre maison, notre vie

Au cœur de la région des charbonnages du Centre, dans un petite maison de rangée vivent Simone et Adolphe. À eux deux, ils totalisent presque 180 années au compteur. Leur maison, ils l’ont achetée il y a bien des années, juste après leur mariage. C’est là qu’ils ont vécu et que sont nés leurs quatre enfants. C’est là qu’ils voudraient finir leurs jours. Chez eux.

Adolphe, géomètre-expert, travaillait aux charbonnages de Jumet. Licencié à leur fermeture alors qu’il a 51 ans, il retrouve difficilement du travail, d’abord à la poste puis au Ministère des finances. Simone, quant à elle, est institutrice et a travaillé de manière intermittente sous statut intérimaire. Elle s’est surtout occupée de la maison et des enfants. « Je n’ai jamais eu l’occasion d’aller au chômage. Non, je n’ai jamais chômé. Même dans la maison... » blague-t-elle, espiègle.

Malgré toute une vie de travail, avec une pension qui ne dépasse pas les 1.530 euros, le budget de Simone et Adolphe est un vrai travail d’équilibriste. « Il faut gérer au franc près. Heureusement on n’a plus beaucoup de besoins. On n’achète plus. On use ce qu’on a. On change un petit coup, on rafistole. Les enfants ne peuvent pas nous aider : ils ont aussi des difficultés. Il y en a qui n’ont pas de travail ou qui sont intérimaires. »

Un jour, Simone est tombée dans l’escalier. Elle a été hospitalisée avec une fracture du fémur, qui a nécessité une longue et difficile revalidation. De retour à la maison, Simone ne savait plus monter les escaliers pour gagner sa chambre ou la salle de bains. « Il a bien fallu se débrouiller. Je montais à quatre pattes. Adolphe, avec son arthrose, ne pouvait pas m’aider. Il avait déjà du mal à monter tout seul » se souvient Simone. Pour le couple, il n’est pas question de quitter la maison : « Aller aux vieux, ça non ! Mon mari ne veut pas. Et moi non plus » martèle Simone. Et Adolphe de sur enchérir : « On veut rester ici jusqu’à la fin. C’est notre maison. C’est notre vie. »

La condition pour rester, c’est d’installer un monte-escalier électrique. Le couple, qui n’a plus d’économies devant lui – tout est passé dans les frais de santé et dans l’entretien de la maison –, a fait appel à Crédal pour un crédit « Bien vivre chez soi ». À raison de 140 euros par mois pendant 42 mois – le prêt est aujourd’hui presque entièrement remboursé, sans aucun jour de retard –, le couple a pu financer l’installation du monte-escalier grâce auquel la vie dans la maison est redevenue possible. « On assure pour que les enfants n’aient pas à se questionner sur ce qui va nous arriver » explique le géomètre.

Autour de Simone et d’Adolphe, toute la famille – 4 enfants, 16 petits-enfants et déjà 8 arrière-petits-enfants – se serre les coudes. Simone n’aime plus trop sortir de chez elle. Ce sont les enfants qui font les courses à tour de rôle. Toute la smala se réunit dans la maison plusieurs fois par an ; chacun amène un plat, un gâteau. Jusqu’il y a peu, Simone jouait encore les baby-sitters à la moindre occasion, mais maintenant qu’elle se dit fatiguée, les enfants la sollicitent moins. « Quand on est bien dans la famille, c’est une chance. C’est un bonheur » sourit Simone. Derrière elle, Adolphe, philosophe, opine du bonnet, un large sourire aux lèvres.

   
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