Quand le logement redevient un habitat

Relogeas

Au moment de la création de Relogeas, en 1994, plusieurs partenaires sociaux à Charleroi font – déjà à l’époque – le constat qu’il n’y a pas assez de logements sociaux. «Ils essayaient de remettre les gens debout par la formation et la remise en ordre administrative mais tout ce qui était mis en place ne fonctionnait pas, entre autres parce que les problèmes de logement étaient trop aigus» explique Anne-Catherine Rizzo, directrice de Relogeas.

Plusieurs de ces partenaires cherchent alors ensemble à trouver des solutions pour fournir des logements abordables à leurs bénéficiaires. A l’époque, une asbl pouvait être subsidiée par les pouvoirs publics pour créer des logements de transit et d’insertion. Ils créent Relogeas, acquièrent un premier bâtiment et le transforment en logements. Ce genre de projets permet de faire d’une pierre trois coups: «On rénove des bâtiments insalubres; les chantiers de rénovation sont menés par les stagiaires d’entreprises de formation par le travail et, une fois rénovés, nous les louons comme logements d’insertion ou de transit pour les personnes mal logées ou sans abri et prioritairement à des personnes en voie d’insertion socioprofessionnelle» explique Anne-Catherine Rizzo.

Chaque année des centaines de personnes franchissent les portes de Relogeas car elles rencontrent des difficultés de logement. L’asbl agit sur deux axes : la location de logement à loyer réduit et l’assistance administrative, technique et juridique relative au logement. « Le logement est un levier pour agir sur les autres précarités. Mais le logement doit être accompagné, sinon ça retombe. Au début, on pratique un accompagnement que j’appelle «collé-serré», proche. On prend le temps de voir avec la personne ce qui n’a pas fonctionné, on réfléchit ensemble aux mesures de protection à mettre en place pour éviter de rechuter. Après quand la situation de la personne s’améliore à différents niveaux et qu’un réseau de soutien est mis en place, on assouplit, on passe une fois de temps en temps, pour prendre une tasse de café. «Quand ça va mal, on est là. C’est comme un oignon, on le défait une petite épluchure à la fois jusqu’à ce que la personne retrouve une intimité avec la brique, que son logement devienne un habitat» explique la directrice. «On dit que dans le travail social, il faut garder la juste distance, moi, je dis au contraire qu’il faut trouver la juste proximité : c’est parce que tu retrouves des liens que tu peux te reconstruire, tu ne le fais jamais tout seul. »

L’asbl agit au sein d’un réseau de partenaires sociaux, avec lesquels elle monte des projets de logement en fonction des besoins des publics et des opportunités immobilières: sans abris, femmes victimes de violence, ex-détenus, jeunes, etc. D’après Anne-Catherine Rizzo, c’est d’ailleurs dans les partenariats que germe l’innovation sociale : «On met deux ou trois partenaires qui a priori n’ont rien à voir ensemble et une nouvelle voie s’ouvre. Tout seul, on ne le fait pas, mais tous ensemble, ça devient possible » sourit la directrice. Crédal est partenaire de Relogeas depuis le début. «Crédal est entré dans nos projets avec beaucoup de souplesse. Il faut à chaque fois jongler avec les différentes sources de financement, les dons, les subsides. On remet cent fois le budget sur le métier. Tous nos emprunts hypothécaires, on les a faits avec Crédal.»

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