Projet de société engagé pour domaine boisé

Les Jardins d'Arthey

Entre Rhisnes et Saint-Servais, un vaste domaine privé s’offre une nouvelle jeunesse et affiche de belles ambitions sociales et environnementales. Inaugurés au mois de juin dernier, les Jardins d’Arthey accueillent un ambitieux projet qui allie tourisme rural, agroécologie et intégration sociale. Le projet initialement porté par sept jeunes femmes aux profils complémentaires est développé sous la forme d’une coopérative à finalité sociale. Anaïs Delhaise et Lucie Van Cauwelaert, deux des fondatrices, nous en parlent.

 

Des chambres d’hôtes et des gîtes, du maraîchage biologique, des animations et j’en passe… C’est un vaste projet ! Comment tout cela a-t-il commencé ?

L.V.C : Comme une très belle histoire… A l’époque, ma soeur et moi cherchions un terrain pour développer un projet de maraîchage. Le propriétaire des Jardins d’Arthey – un ami de famille – nous a contactées pour nous proposer de reprendre la gestion du château de son domaine familial. On a eu envie de proposer un projet plus global, un projet qui ressemble à nos valeurs. On a réuni autour de la table des profils très différents – agronome, psychologue, ingénieur, etc. Toutes des filles ! – et on a commencé à rêver notre projet.

A.D. : Et assez vite, en fait, on a élaboré une ébauche très proche du projet actuel. La volonté de produire quelque chose sur le terrain en respect de l’environnement – l’approche agro-écologique – s’est imposée tout naturellement. C’est devenu le coeur du projet, ce qui nous rassemble. Cette vision, nous l’avons inscrite dans nos statuts : nous voulons participer au développement d’une société qui respecte les hommes et la nature, qui crée du lien et qui accueille la différence.

 

Concrètement, qu’est-ce que Les Jardins d’Arthey proposent ?

A.D. : Nous travaillons sur trois piliers. L’accueil champêtre est le pôle qui a démarré en premier et a généré nos premières rentrées. En plus du gîte déjà en activité dans le domaine, nous avons ouvert 5 chambres d’hôtes dans le château et le parc accueillera prochainement des tentes champêtres. Au petit-déjeuner, nous servons légumes et fruits du potager. L’agroécologie est naturellement le deuxième pôle : cette année a été une phase test pour notre potager. Nous venons d’engager un maraîcher et des serres seront installées très prochainement.

L.V.C : Et nous avons plein de projets sur le métier ! Les 22 et 23 avril prochains, nous organisons le Festival des plantes comestibles : maraîchers et pépiniéristes des quatre coins de la Belgique viendront faire découvrir leurs variétés. Nous voulons aussi organiser des formations, des ateliers et des stages pour les enfants, dans la même optique de sensibiliser à un modèle d’agriculture durable. Finalement, le troisième pôle de notre activité est le volet de l’insertion socioprofessionnelle que nous allons développer. Il est très important pour nous de permettre à un public fragilisé socialement d’avoir une place au sein de la coopérative.

 

La coopérative, c’était la forme juridique qui s’imposait pour les Jardins d’Arthey ?

A.D. : Ce qui nous tient à coeur, c’est la finalité sociale. On voulait privilégier une forme qui nous permette d’inscrire notre mission – la recherche d’un impact sociétal positif – au coeur de notre activité économique. On voulait aussi faire de la place dans le projet à l’engagement citoyen, intégrer les gens de la région. On a créé des comités pour piloter chaque pôle d’activités : cela permet à tous de s’investir dans le projet, coopérateur ou non.

L.V.C : D’un point de vue technique, la coopérative était aussi la formule la plus souple pour intégrer les différents profils d’investisseurs. Plusieurs statuts sont prévus dans la coopérative qui permettent à tous de coexister dans le projet : propriétaires, fondateurs, partenaires financiers et coopérateurs. À terme, nous créerons une catégorie pour les employés. Toutes nos parts sont à 50€, et nous avons déjà aujourd’hui une centaine de coopérateurs avec un capital de départ de 150.000 euros !

 

Et Crédal, dans tout ça ?

A.D. : Outre l’accompagnement individuel de certaines d’entre nous, Crédal nous a accompagnées pour structurer notre fonctionnement interne et lancer la dynamique entre nous – monter un projet à 8, ça peut être compliqué ! – et du coup à lancer la dynamique des comités. Crédal nous a également aidées pour la création d’outils de gestion et de suivi financier du projet.

L.V.C : Crédal nous a aussi beaucoup aidées dans la mise en réseau et mises en contact avec les bonnes personnes pour répondre à des questions plus techniques. Et dans un projet comme le nôtre, ça compte d’avoir un regard extérieur pour avancer plus loin.

Propos recueillis par Anne-Catherine de Neve, Chargée de communication

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus

> Accompagnement à la création d'entreprise

www.jardinsdarthey.be
+32 (0) 470 56 92 63
Rue d’Arthey 1 à 5080 La Bruyère

 
   
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