Le logement social, brique après brique

Sophie Caprez, Coordinatrice de Comme Chez Nous

En plus de 20 ans d’accueil et d’accompagnement des sans-abri, Comme chez nous a vu son public se multiplier par 6 et les précarités devenir de plus en plus complexes et profondes. Il y a encore quelques années, se retrouver à la rue, c’était un accident de parcours. Aujourd’hui, c’est bien souvent le résultat combiné de précarités complexes et multiples - logement, revenus, santé, justice - qui dessinent un entrelacs marquant brutalement les plus fragiles et les poussant presque inexorablement vers les marges. Certaines récentes initiatives de logements accompagnés qui ont mobilisé l’attention des pouvoirs publics et des investisseurs sociaux privés, toutes intéressantes qu’elles soient, ne peuvent répondre à l’entièreté des besoins. D’une part, de façon très mathématique, parce que la crise du logement a raréfié les logements disponibles sur le marché et, d’autre part, parce qu’il existe autant de demandes en matière d’habitat que de personnes à l’entrée. Pour garantir la durabilité de l’habitat, il s’agit d’accompagner la personne vers la solution qui lui convient – logement social, retour en famille, maison de retraite, maison médicalisée, etc. – et d’adapter le logement social à ses occupants pour éviter les ruptures d’habitat au fil des changements de statut.

Aujourd’hui, il y a urgence à ce que le secteur du logement des sans-abri, et plus largement du logement social, cherche des solutions collectives qui feront bouger les lignes institutionnelles et les cadres réglementaires pour permettre au solutions innovantes d’éclore. Car des solutions innovantes, il en existe et notamment pour mobiliser le logement privé : capteurs de logement, réquisition douce, etc. Depuis peu, les acteurs du secteur explorent aussi du côté de l’acquisition d’un parc immobilier social mais n’ont bien souvent pas les moyens financiers et humains d’une action vraiment significative.

Ce n’est que dans la mutualisation des moyens et dans la transversalité des partenariats que le secteur pourra créer des voies de captation de logements durables pour les publics les plus fragilisés. Il s’agit de créer les modèles économiques qui convaincront les investisseurs sociaux, les formes juridiques qui permettront l’existence de projets immobiliers portés par les acteurs de terrain et les partenariats qui les rendront possibles. Tout en préservant un accompagnement qui fait durablement soin autour de la personne.

Coup de projecteur sur un coopérateur

Sophie Crapez, coordinatrice de l’asbl comme chez nous

Sophie Crapez, psychologue de formation, est depuis toujours « fondamentalement engagée » dans le secteur associatif. Depuis 17 ans coordinatrice d’un dispositif d’accueil des sans-abri, l’asbl Comme chez nous, elle défend la pluralité des approches de l’aide sociale et croit fermement que c’est la proximité du lien entre les personnes qui est – et doit rester – le levier de celles-ci. « Au moment où j’ai été recrutée, l’asbl avait besoin d’un crédit. J’ai été voir les banques qui m’ont à l’époque ri au nez. C’est Crédal qui nous a accordé le prêt.

Chez Crédal, quand on vous accorde un crédit, vous recevez aussi tous les outils pour gérer le projet. Ce que j’apprécie aussi, c’est que Crédal ouvre des portes qui restent habituellement fermées. Aujourd’hui, je suis aussi coopératrice pour mes enfants avec les parts Domino. »

   
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