L'aide aux migrants, un secteur en souffrance

Appel au refinancement du secteur

En septembre dernier, le CiRE, la coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers, appelait les pouvoirs publics à reconsidérer les moyens accordés aux associations spécialisées dans l’accompagnement des migrants et des réfugiés*. En effet, ces derniers mois, de nombreuses associations se sont vues couper tout ou partie de leur financement structurel. Alors que, dans le contexte actuel de crise, leur rôle est plus que jamais nécessaire pour permettre aux réfugiés et aux migrants de réussir leur parcours d’intégration.

La politique d’accueil mise en place par le gouvernement et Fedasil, l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile, début 2014 a sévèrement mis à mal les capacités d’accueil et d’accompagnement de ceux-ci par les associations. A l’époque, le nombre de demandes d’asile introduites en Belgique ayant fortement diminué, le plan prévoyait de rassembler l’accueil dans des centres collectifs et dans des initiatives locales d’accueil gérées par les CPAS, à charge pour ceux-ci d’accompagner les personnes ayant obtenu le statut de réfugié pour trouver un logement et de les accompagner dans leur insertion.

Dans le cadre de cette réorganisation de l’accueil des demandeurs d’asile, de nombreux logements d’accueil individuels gérés par les associations ont été ainsi supprimés. Dans la foulée, les associations, se sont vues réduire – quand ce n’était pas purement supprimer – leurs subsides structurels et forcées de restructurer voire d’arrêter leurs activités en conséquence. Sur le terrain, ces associations jouaient pourtant un rôle essentiel d’accompagnement et d’intégration des réfugiés en Belgique. Au-delà de l’accueil d’urgence, elles les accompagnent dans les formalités administratives, pour trouver un logement, apprendre la langue, trouver un emploi ou entamer une formation. Elles les aident à guérir, se reconstruire, retrouver leur famille.  

Financer le secteur de l’aide aux migrants et aux réfugiés, c’est plus que jamais primordial. Comme l’écrivait Malou Gray, co-directrice du CIRÉ, « Dans le contexte actuel, aucune énergie ne peut être gaspillée et toutes les bonnes volontés doivent se rejoindre : un travail complémentaire entre les communes, les associations et les initiatives citoyennes a toute sa place et tout son sens. Il faut s’en donner les moyens ! »

Derrière les chiffres et les statistiques, il y a des personnes. Des hommes, des femmes, des enfants qui ont assurément besoin de toute l’aide qu’on pourra leur donner sur le long chemin qu’ils ont emprunté pour bâtir, ici, un nouveau foyer.

> Le CIRE
> Lire l'article sur le Service logement du CIRé

Lire l’opinion complète diffusée sur le site de la Libre.be le 28 septembre dernier

 

   
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