La lune pour rêver

La vie entre sécurité et autonomie

Dans un quartier arboré de Bruxelles, une maison de quatre étages abrite une « famille » pas comme les autres. Cristina, Gabriela, Serge et Michaël y habitent depuis un an sous le regard attentif et bienveillant de toute l’équipe de La lune pour rêver, un foyer de vie pour personnes avec déficience intellectuelle légère à modérée.

À l’origine, il y a Béatrice et son mari. À l’époque, ils travaillent tous deux dans le secteur du handicap. À la naissance de leur  troisième enfant, ils découvrent que celui-ci est atteint d’une maladie qui cause déficiences intellectuelles et troubles du  comportement. « Mahan est un petit garçon extraordinaire ! Si nous avons bien pris la nouvelle de sa maladie, une question est arrivée très vite : et après nous ? » se souvient Béatrice. « On s’est dit qu’un jour on ouvrirait un lieu d’hébergement adapté. »

Les hébergements adaptés ne sont en effet pas légion. Il manque actuellement près de 500 places rien qu’à Bruxelles. Il y a un an et demi tout juste, Béatrice et son mari décident de sauter le pas et de transformer leur maison en maison communautaire. La famille déménage et fonde l’asbl au nom poétique qui rappelle le prénom de leur petit garçon, « comme la lune » en persan. « Le projet, à mi-chemin entre sécurité et autonomie, ne pouvait pas convenir à tout le monde. On a essayé de trouver des personnes susceptibles d’être heureuses dans le projet » explique Béatrice.

Gabriela, la plus jeune, pianote sur son smartphone tout en  expliquant entre deux éclats de rire que ce qu’elle aime, c’est  s’occuper des enfants. Elle danse le hip-hop et aime écrire. Ce  sont les blagues de Michaël qui la font rire. Blagueur, il a un  bon mot sur tout.  il travaille dans une ferme et ce qu’il aime,  c’est être avec ses amis pour  « faire des choses normales ». Cristina, elle, est italienne et son accent est charmant. Elle partage ses week-ends entre sa maman et Serge, avec lequel  « elle est tombée en amour. »  Serge, c’est le doyen. Une vraie machine à paroles. Une fois qu’il est lancé, on ne peut plus l’arrêter. Il travaille lui aussi dans une ferme et aime participer aux activités du centre qu’il fréquente.

Au mur, un tableau des charges qui, d’après Michaël, « les aide beaucoup ». Le soir, un repas préparé et mangé ensemble autour de la grande table. Tous les jours, en début de soirée, Hannah passe quelques heures avec eux. Discret ange gardien, elle veille sur la maisonnée et s’assure que tout  va bien. C’est aussi une oreille attentive et une épaule en cas de chagrin. Hannah est la seule salariée, grâce à un subside  que Crédal a préfinancé. Le reste du temps, Guy et Katia, les voisins solidaires, sont toujours là en cas de pépin.  

Comme nous tous, Gabriela, Cristina, Michaël et Serge se rêvent parfois plus libres. Parfois ils se voudraient différents. Mais, comme le dit Serge, « Vivre ensemble sous un toit, c’est pas facile, facile. Il y a du bon et du moins bon. Mais quand on est ensemble, on se dit des choses gentilles. On n’est plus tout seul. » Et ça, finalement, c’est certainement le plus important.

Pour en savoir plus : www.lalunepourrever.be

   
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