Habiter en dignité

Si le droit au logement est bien inscrit dans notre Constitution,  force est pourtant de constater que, sur le terrain, il en va  souvent autrement. Crise du logement oblige, une frange non négligeable de la population peine aujourd’hui à se loger décemment sans y consacrer l’essentiel de ses ressources et, plus  terrible encore, une autre partie peine à se loger tout court...  

L’accès au logement est au cœur du questionnement et de  belles initiatives de certains de nos clients qui cherchent à  réinventer l’accès au foncier, la propriété immobilière et la capacité des ménages à faibles revenus à devenir propriétaires.  Partout, des modèles innovants émergent qui font la part  belle au bien commun.  il était temps, en effet, d’inventer  d’autres manières de se partager le sol, d’autres manières de  vivre ensemble la ville et le logement.  i l n’est d’ailleurs pas  anodin que le Community Land Trust de Porto Rico se soit vu  décerner par l’ONU le Prix mondial de l’Habitat 2016.

Dans le même temps, des entrepreneurs explorent de nouvelles manières de construire et d’habiter. Plus économe, plus  accessible, un nouvel habitat se dessine entre éco-construction et auto-construction, habitat solidaire et habitat réversible ou même nomade. Lentement, mais sûrement, les  choses changent dans nos mentalités.  i l ne sera bientôt plus  nécessaire d’avoir une brique dans le ventre pour construire  son habitat ni d’avoir quatre façades pour se sentir chez  soi. Aussi prometteuses soient-elles, ces nouvelles modalités d’habitat réouvrent cependant la question de la fracture  socioéconomique entre les plus riches et les plus pauvres.  i l  faudra certainement œuvrer à ce que l’habitat léger soit un  véritable choix de société et pas une alternative précaire à  l’habitat empilé qui emprisonne les plus fragiles d’entre nous  dans un vécu de l’espace étriqué.

Au même titre que l’emploi et l’enseignement, le logement  constitue l’un des piliers essentiels de l’insertion sociale de  l’individu. L’article 23 de la Constitution ne s’y trompe d’ailleurs pas, qui associe dignité humaine et logement décent.  Et, chez Crédal, on est bien placé pour le savoir. Ces dernières  années, nécessité faisant loi, de nombreuses personnes qui  se voient refuser l’accès au logement faute d’épargne suffi - sante pour financer les frais de notaire ou même une garantie locative sollicitent un microcrédit auprès de Crédal.  il n’est  malheureusement pas rare de voir des propriétaires refuser  les garanties locatives des CPAS.  i l y a là un véritable enjeu de lutte contre la discrimination des plus pauvres...

Le logement est aussi un outil d’inclusion pour ceux qu’on  appelle pudiquement « les publics spécifiques ». Handicap,  accident de vie ou de santé, vieillesse sont autant de facteurs  discriminants. Crédal intervient directement dans le maintien  à domicile des personnes âgées à faibles revenus avec le crédit Bien vivre chez soi, en collaboration avec la Wallonie. Ce  prêt à 0% permet aux personnes de plus de 65 ans dont  la mobilité est réduite les aménagements nécessaires pour  rester dans leur maison. Outre les substantielles économies  de santé publique qu’il permet de réaliser, le crédit Bien vivre  chez soi est aussi un véritable levier de dignité : il contribue à garantir à ces personnes le droit de décider pour elles- mêmes, le droit d’avoir une fin de vie digne

D’ici à 2040, on estime que la Wallonie aura besoin de plus  de 340.000 nouveaux logements. En cause, le vieillissement  du parc immobilier, la croissance démographique et les  bouleversements récents dans la structure du noyau familial. Dans un contexte de flambée des prix et de spéculation  immobilière, quels mécanismes mettre en œuvre pour rencontrer ces besoins, tout en gardant le droit à un logement  décent pour tous au centre du marché immobilier?  il existe  des alternatives qui s’y essaient et Crédal a décidé de les accompagner.

Pour habiter autrement. Habiter en dignité  

   
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